Droit de réponse à l'article paru dans "Réalités" Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 
A propos de la réforme - Chassé croisé
Écrit par Dr Samir Derbel (Membre BE)   
Lundi, 05 Février 2007 13:37

Le S.T.M.L. a lu avec consternation et amertume l’article intitulé « Les spécialistes disent non à la CNAM les raisons de la colère » paru dans la revue « femmes » diffusée avec le numéro 1101 de REALITES qui, de par son contenu et sa forme relève tout simplement de la diffamation et de la caricature et ports atteinte de ce fait tant au corps médical dans ses différentes composantes qu’au citoyen.

Cet article tente de saper les efforts fournis tout au long d’une décennie visant à établir une médecine ouverte et sociale caractérisée par une solidarité de toutes les instances et adaptée aux ambitions d’une nation qui cherche à promouvoir le citoyen.

Si nous avons fermé l’œil jusque là sur les précédents articles parus dans ce sens, nous ne pouvons rester indifférents face à un texte calomnieux et diffamatoire. Nous sommes tout d’abord étonnés de voir paraître cet article dans les dernières pages d’une revue qui, même si elle relève d’un groupe aussi prestigieux que « REALITES », s’adresse néanmoins à un public de salons et figure aux côtés d’articles sur la prostitution, la drague, interviews de stars et autres « profondeurs de clowneries ».

Il serait long de passer en revue de façon exhaustive les dérives de cet article, nous nous contenterons de souligner celles que nous jugeons les plus graves.

D’abord, une dérive de style avec l’emploi de certains termes péjoratifs qui, pour le moins qu’on puisse dire, n’honorent pas ses initiateurs puisqu’ils portent atteinte à l’honorabilité de la profession de médecin.

Quelle image veut-on donner du médecin buveur de whisky et qui, de ce fait, commet de monstrueuses erreurs médicales tout en traitant ces cas par-dessus la jambe ?

Même si cette image est fictive ! Est-ce une manière de rassurer la malade qui a totale confiance en son médecin?

Nous sommes dépités de voir que d’ « éminents chirurgiens » et « expérimentés » ont besoin de piétiner un projet national d’envergure qui touche 85% de la population pour s’afficher sur une photographie arborant un sourire publicitaire !!!

Quelle image veut-on donner du corps médical en créant une dichotomie ségrégative entre généralistes et spécialistes et entre « expérimentés » et « bleus »? Et pourtant l’article fait référence au code de déontologie !

La division du corps médical en deux syndicats n’est-elle pas suffisante?

Il est pour le moins scandaleux de constater que des médecins qui se disent « syndicalistes » et qui sont donc supposés défendre leurs confrères quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent osent traiter certains généralistes de peu scrupuleux » et ouvrir la porte « à la corruption et aux ristournes illégales ». De mémoire de médecins, nous n’avons jamais rencontré, au sein du corps médical, de telles allégations!

Il apparaît clair et évident, chez les initiateurs de cet article, que l’intérêt personnel et le souci du gain priment sur l’intérêt de la collectivité médicale et sur l’intérêt national !

Il est d’autant plus étonnant que sur le plan du contenu, la plupart des arguments avancés ne correspondent pas à la réalité et dénotent d’une volonté de méconnaître le véritable fond du dossier. Nous sommes, à ce propos, surpris qu’une journaliste relevant du magazine « REALITES » n’ait pas cherché à vérifier la véracité des propos et interroger les différents composants du projet, ce qui est le principe élémentaire d’une véritable action journalistique !

On a traité le parcours de soins et le médecin de famille de tous les noms allant jusqu’à en faire une aberration alors qu’il s’agit d'une pratique qui est en vigueur dans la plupart des pays européens et n’est nullement une invention tunisienne. A vouloir l’examiner de près, on remarquerait qu’elle est sous-tendue par une logique opérationnelle qui profite surtout aux plus démunis qui n’avaient pas, jusque là, l’opportunité de s’adresser à un médecin privé.

Nous avons du mal à entrer dans la logique des détracteurs du projet pour imaginer que l’instauration d’une sécurité sociale pour le citoyen porte préjudice à la qualité de la médecine !!

Quant aux honoraires, le tarif fixé à 15 dinars pour le généraliste et 25 dinars le spécialiste a été l’aboutissement et le couronnement d’âpres négociations entre les différentes parties. A ces tarifs là, l’acte médical n’a nullement été bradé et le médecin n’a aucunement perdu de son honorabilité.

Est-il besoin de rappeler que dans l’état actuel des choses seuls 15% de la population ont la possibilité matérielle d’accéder à la médecine privée alors que le nouveau projet permettrait aux 85% restants de s’y ajouter (il suffit de faire une petits opération mathématique pour tirer tee conclusions).

Ces « syndicalistes » ont-ils oublié qu’à ce jour 2500 médecins sont au chômage, que 25% des cabinets médicaux ferment et que le nombre moyen de consultants par cabinet médical est de 3? Le syndicalisme est-il le privilège de nantis qui cherchent à préserver leurs acquis ou bien une action en faveur de tous les membres de la corporation?

A travers les articles publiés jusqu’à présent et l’action menée sans répit visant à miner le projet, l’amère réalité des véritables intentions destructrices commence à faire surface !

Ceux qui ont milité en faveur du projet national et qui ont des années durant payé de leur temps et de leur énergie n'ont été gouvernés que par un seul souci : l’intérêt de l’ensemble de la corporation qui est conjugué avec celui du citoyen tunisien afin de contribuer de faire de La Tunisie un pays au diapason de la modernité !
 
© 2019 Syndicat Tunisien des Médecins Libéraux - النقابة التونسية لأطباء القطاع الخاص | Design by vonfio.de